La période gauloise
À Metz et dans ses environs, sept sites ont livré des sépultures datables de la seconde moitié du second âge du Fer, dont Argancy « Le Clos des Prés », Metz « Hauts-de-Sainte-Croix », Liéhon « Les Lignières », Mondelange « Schemerten » ou Woippy « Bellevue ». Sur ces sites, l'occupation est généralement limitée à quelques sépultures, installées dans des nécropoles plus anciennes comportant souvent des tombes de la fin de l'âge du Bronze ou du premier âge du Fer.
À l'exception de Woippy, ces sites n'ont pas été conservés ou fouillés dans leur intégralité. Cependant, il ne s'agit pas de grandes nécropoles. Les concentrations les plus importantes sont celles de Mondelange avec au moins 33 tombes, Woippy avec 21 sépultures et Metz avec 16 sépultures. Le mode funéraire dominant est dorénavant l'incinération mais il y a encore, au IIIe siècle avant notre ère, quelques inhumations. Au IIe siècle avant notre ère, l'incinération est de règle et le demeure jusqu'au milieu de la période gallo-romaine (IIIe siècle de notre ère). On ne construit plus de grands tertres de terre comme à l'âge du Bronze ou au premier âge du Fer. Il y a encore quelques ultimes inhumations dans ces grands monuments au IIIe siècle, avant leur abandon définitif.
Les sépultures sont majoritairement des petites fosses accueillant le vase en céramique faisant office d'urne cinéraire. Les corps ne sont plus ensevelis directement, comme à la période précédente, mais placés sur un bûcher, quelquefois en même temps qu'une partie des dépôts funéraires. Des offrandes alimentaires sont aussi brûlées. Généralement, les ossements humains ne sont pas exhaustivement récupérés parmi les cendres du bûcher avant d'être placés dans l'urne cinéraire : il y a une sélection et un prélèvement ordonné.
Les objets accompagnant le défunt sont posés dans l'urne, sur les ossements, ou dans la fosse à côté de l'urne. Il s'agit majoritairement d'objets de parure en bronze et surtout en fer (fibules, bracelets), plus rarement en verre. Dans les sépultures masculines, on peut trouver des objets de toilette, comme une pince à épiler, un rasoir ou une paire de forces, faisant office de ciseaux. La présence d'objets de toilette dans la sépulture traduit sans doute une place un peu privilégiée dans la société. Les sépultures comportant des armes correspondent aussi à des défunts au statut important. Ces sépultures masculines seraient le témoignage d'une composante de l'élite sociale, détentrice d'une partie du pouvoir conférée par la possession des armes. On est cependant encore loin des très riches sépultures installées dans de véritables chambres de bois à la fin de la période gauloise.
Les environs de Metz n'ont pas encore livré de sépultures de ce type, appartenant aux grands
aristocrates qui dominent la société gauloise à la fin de l'âge du Fer. Les nécropoles et les tombes
connues à ce jour pour ce territoire sont plus modestes. Ces sites correspondent à de
petites communautés villageoises à côté desquelles sont installées les nécropoles.
À l'extrême fin de la période concernée, dans la seconde moitié du 1er siècle avant notre ère,
quelques sépultures à incinération contiennent des céramiques d'un type nouveau. Ces
tombes marquent le passage vers une nouvelle période : la période gallo-romaine.