Trésors des sépultures...

La période celtique

La fin du premier âge du Fer et la première moitié du second âge du Fer sont marquées par une nette domination du rituel d'inhumation. Les tombes sont presque toujours individuelles. Les défunts sont souvent enterrés dans des coffres de bois. Ils sont systématiquement habillés et portent des parures, essentiellement métalliques (fibules, bracelets, anneaux de cheville, ceintures, plus exceptionnellement torque ou boucle d'oreille). Mais certaines personnes, moins favorisées socialement, sont inhumées sans parure et sans dépôt funéraire. La relative fréquence des objets et l'évolution rapide des formes des parures permettent une datation assez fine des sépultures, dans une fourchette de l'ordre de 30 à 50 années. En plus de la détermination anthropologique des sexes - rendue possible avec les squelettes inhumés contrairement aux restes incinérés - les objets désignent aussi dorénavant, de manière plus fiable, les sépultures féminines ou les sépultures masculines.

Les inhumations sont essentiellement pratiquées au sein des grands édifices que sont les tumuli bordés d'un fossé et parfois d'une palissade de bois, sans doute pour en accroître le caractère monumental. Ces architectures funéraires sont circulaires durant le premier âge du Fer. Elles peuvent atteindre des diamètres importants, de l'ordre de 20 à 30 m. Au début du second âge du Fer apparaissent des enclos carrés, qui deviennent plus courants à partir des IVe et IIIe siècles avant notre ère. Contrairement à la fin de l'âge du Bronze, les nécropoles sont souvent de grande taille et occupées durablement. La répartition par sexe et par âge au sein des nécropoles n'est généralement pas hasardeuse. Sur ce point, le site de Mondelange est particulièrement important car il montre des différences très nettes selon les zones du site et selon les périodes. À la fin du premier âge du Fer et au début du second, donc entre la fin du VIe et le IVe siècle avant notre ère, les femmes occupent une place privilégiée, tant en nombre de sépultures que par la richesse des inhumations.

L'archéologie funéraire du premier âge du Fer a montré l'émergence et la domination progressive d'une classe aristocratique. Deux sépultures sont caractéristiques de ce phénomène : à Argancy au début du premier âge du Fer, le défunt inhumé dans une sépulture sous tumulus dispose d'une longue épée de bronze. Mais le tertre demeure modeste et la sépulture ne contient pas les vaisselles métalliques, les matières précieuses (ambre, or, corail, verre, exceptionnellement ivoire) ou les objets importés (céramiques grecques, cruches en bronze étrusques …) qui caractérisent les très riches tombes de la fin du premier âge du Fer. Pour la période hallstattienne, il n’existe pas à ce jour dans le secteur messin de tombes aussi riches que Vix en Bourgogne. Cependant, à Mondelange, une femme est inhumée sur un char, dans une chambre funéraire suffisamment grande pour accueillir le véhicule. Le char est l'un des signes les plus importants des grandes sépultures aristocratiques. À Mondelange, il n'y a cependant pas de services à boire, d'objets précieux autres que les bijoux de la défunte. Si, dans sa catégorie, cette tombe est moins ostentatoire que d'autres, le sexe du défunt suggère une transmission héréditaire du pouvoir, dans le cadre d’un système aristocratique.

Le passage du premier au second âge du Fer n’est plus considéré aujourd’hui comme une rupture
culturelle franche, notamment dans les pratiques funéraires. Au début du second âge du fer
(vers 475 - 280 avant notre ère), l'inhumation reste dominante. Les sépultures sont encore
essentiellement incluses dans des tertres plus anciens, mais il semble que l'on ne construise
plus de grands monuments. À cette époque, le phénomène aristocratique, exacerbé à la fin du
premier âge du Fer par le contrôle des grands axes commerciaux à l'échelle de l'Europe, s'affaiblit
et les tombes riches sont un peu plus modestes. Toutefois, la sépulture de la « dame au torque »
de Mondelange, datée du IVe siècle, dénote encore un haut niveau social traduit par une
parure abondante et précieuse avec des éléments d'or et de corail. Au IIIe siècle avant
notre ère, un retour progressif à la pratique de l’incinération marque le passage à la dernière
période de l’âge du Fer : la période gauloise. Dans les sépultures, d’autres changements
montrent une évolution nette dans les pratiques culturelles. C’est cette période qui marque
une rupture plus sensible avec les pratiques antérieures.