Trésors des sépultures...

Présentée chronologiquement, l'exposition est divisée en trois parties correspondant aux trois grandes étapes culturelles, notamment en ce qui concerne les pratiques funéraires, qui marquent le passage progressif de la fin de l'âge du Bronze à la fin de l'âge du Fer. Chaque section bénéficie d'un panneau introductif, fournissant quelques informations générales sur les pratiques funéraires à la période correspondante. Ce panneau est associé à un extrait du plan de la nécropole de Mondelange, montrant la nature des monuments funéraires à cette période. Une vue cavalière dessinée de la même nécropole donne une idée du "paysage funéraire" (tumuli, enclos fossoyés, petits bâtiments …) à chacune des trois phases en question. Ces vues offrent une perception immédiate de l'apparence de ce site funéraire représentatif durant ses différentes phases d'utilisation.
Une quarantaine de sépultures, provenant de 13 sites différents, ont été sélectionnées pour leur représentativité. Les objets sont présentés dans des vitrines, avec le souci de ne montrer que des ensembles complets, c'est-à-dire présentant l'intégralité des objets découverts dans chaque sépulture. Pour cela, une partie des objets, particulièrement les céramiques, a été restaurée dans le cadre de cette exposition. Certaines sépultures bénéficient aussi de mises en situation, c’est-à-dire de reconstitutions des tombes correspondantes.
Aux murs, la reproduction à grande échelle de deux extraits du plan général de la fouille de Mondelange permet une comparaison entre une partie des sépultures présentées dans l'exposition et leur environnement dans la nécropole. Ces peintures murales constituent également un élément d'animation graphique, permettant de compléter la présentation classique des objets dans les vitrines. Visuellement, chaque section correspond à un thème coloré permettant de la distinguer de la section suivante.
Vous trouverez ci-dessous quelques idées phares concernant, pour chaque période, l'évolution des pratiques funéraires et la nature des objets découverts dans les tombes.


 De l'âge de Bronze à l'âge du Fer : ruptures et continuités

Les pratiques funéraires du début de l’âge du Fer sont en partie le prolongement des pratiques de la période précédente, l'âge du Bronze, et notamment de sa phase finale. Il n’y a pas de rupture brutale entre les deux périodes mais une évolution progressive.
Les sépultures individuelles prédominent à l'âge du Bronze, traduisant une reconnaissance des personnes et de leur place dans la société. Les tumuli, vastes tertres de terre recouvrant les sépultures, sont présents à cette période, particulièrement à l’âge du Bronze moyen. La phase finale de l'âge du Bronze (vers 1350 - 800 avant notre ère) se caractérise par une proportion croissante d’incinération des corps plutôt que d'inhumation, rituel qui caractérisait la période précédente.
Les sépultures sont généralement groupées par petits ensembles de quelques tombes, majoritairement à proximité des habitats comme sur le site des Lignières à Liéhon (Moselle). Le faible nombre de sépultures s'explique sans doute par la courte durée d'utilisation des sites, de l'ordre d'une génération, et cela à cause du déplacement fréquent des habitations elles-mêmes. Durant la période du Bronze final, les incinérations occupent une petite fosse plus ou moins circulaire, parfois rectangulaire. Souvent, une urne en céramique abrite les restes du défunt. Il peut y avoir aussi un, deux ou trois autres récipients, parfois un objet en bronze (épingle, rasoir, bracelet…). On ne sait pas si ces tombes étaient signalées en surface. Il y avait peut-être un petit monticule de terre ou une pierre. D'autres sépultures sont couvertes d'un tumulus de terre, de taille encore relativement modeste, et entourées d'un fossé. Des distinctions sociales transparaissent à travers la taille de la tombe et sa plus ou moins grande visibilité dans le paysage.

Perçue au travers d'objets emblématiques comme l'épée ou le rasoir, une hiérarchie sociale transparaît dans les tombes de la fin de l'âge du Bronze. Elle perdure au début de l'âge du Fer. En outre, ces objets désignent des sépultures masculines : à partir de l'âge du Fer, on distingue mieux les modes vestimentaires, les parures et les objets selon les sexes. Le début de l'âge du Fer est aussi le moment du retour au rituel d'inhumation des corps, qui devient rapidement majoritaire au milieu du premier âge du Fer, vers 600 avant notre ère. L'inhumation
est assez standardisée : sans doute dans un cercueil en bois, le défunt est allongé sur le dos,
les bras le long du corps. Une grande céramique ovoïde et une ou plusieurs coupelles sont
 déposées au pied du défunt. La parure est essentiellement composée de bracelets en bronze.
Les tumuli sont de véritables monuments funéraires, parfois de grande taille. Leur situation 
au premier âge du Fer est complexe. En général, ces tertres ne recouvrent pas qu'une seule
sépulture. Ils peuvent devenir de petites nécropoles contenant plusieurs sépultures autour
d’une tombe initiale, généralement située au centre. Les tertres sont agrandis au fur et à
mesure des inhumations. Leur chronologie est difficile à saisir car soumise aux transformations
successives puis à l'érosion de la structure au terme de son utilisation.