
Organisée par les Musées de Metz à l’initiative de QuattroPole (Luxembourg-Metz-Sarrebrück-Trèves), cette exposition offre un panorama de la ville de Metz à l’époque du Premier Empire (1804 -1815).
Un peu d'histoire
Passés les bouleversements de la Révolution, la disette, la Terreur et les persécutions religieuses, l’ancienne capitale des Trois-Evêchés ne serait qu’une ville provinciale comme une autre sans la protection de l’Empereur. L’entourage messin de Bonaparte puis de Napoléon Ier n’est pas étranger à cette faveur. Celle-ci se traduit par la création d’une Cour de justice et de nombreux tribunaux, d’un lycée impérial, d‘une université… De nouveaux aménagements urbains voient le jour au détriment des fortifi cations de Vauban et Cormontaigne qui ont perdu en partie leur fonction défensive. Avec la création de nouveaux départements français s’étendant jusqu’au Rhin, Metz cesse d’être une ville frontalière pour devenir une base arrière de la Grande Armée, recevant une importante garnison et de nombreux établissements militaires. Fidèle au régime impérial, Metz manifeste son loyalisme politique en se soumettant au prélèvement croissant de la conscription et en parvenant à éviter l’occupation ennemie en 1814 et 1815.
Portrait de la cité sous l’Empire
Sur une surface de 300 m2 et au travers de quelque 140 pièces, l’exposition explore la vie politique, culturelle et religieuse de la cité, animée par les notables, les militaires et la bourgeoisie d’affaires. Après une première section évoquant la période révolutionnaire, l’exposition se poursuit en abordant les questions religieuses dont l’apaisement revient en particulier au Concordat de 1801, encore en vigueur de nos jours en Moselle et en Alsace. La reconnaissance des cultes protestant et israélite sont des gages d’intégration mais s’accompagnent d’un strict contrôle du régime impérial.
La section consacrée aux arts met l’accent sur les arts décoratifs avec les créations de grande qualité de la famille Hisette restaurées et exposées pour la première fois. Si Metz ne connaît par l’effervescence artistique de l’Ancien Régime, les écoles privées et l’enseignement de l’Ecole d’Artillerie et du Génie sont à l’origine d’une production remarquable dans le domaine du dessin. La tradition militaire de Metz est ensuite soulignée grâce aux portraits des principaux généraux et maréchaux messins ou mosellans, qu’ils s’agissent de Lasalle, Lallemand, Lobau ou Molitor, qui tous ont servi l’Empereur sur les champs de bataille de l’Europe.
La légende napoléonienne qui prend son essor avec la génération romantique est notamment évoquée par la figure d’un passionné de l’Empire, l’illustrateur et collectionneur Jacques Onfroy de Bréville (1858-1931) dont les Musées de Metz conservent une riche donation de livres et de militaria. Pour clore le parcours, l’exposition propose une reconstitution de son atelier, expose plusieurs études inédites, ainsi que les albums pour enfants dont les illustrations ont fait sa célébrité.
Le visiteur pourra découvrir tableaux, sculptures, estampes, pièces d’orfèvrerie, documents d’archives,
sceaux et monnaies, issus principalement des collections des Musées de Metz, mais également
des Musées nationaux, du trésor de la Cathédrale de Metz ainsi que de collections privées.
Commissariat général
Isabelle Bardiès-Fronty
Commissariat scientifique
Raphaël Mariani